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LES AVENTURES DE DRACULA # 2

LE PIÈGE DU DIABLE, MAX DAVE
L'HOMME DE L'AU-DELÀ, MAX DAVE
BEL-AIR / DRACULA POCKET # 5 & 6, 1966

Je continue sur ma lancée : les aventures de Dracula, volumes 5 et 6. Le résumé des épisodes précédents peut se dégauchir (beaucoup) plus bas, même blog même heure.
Dans tous les cas, j'ai eu du mal. J'ai mis du temps. Ça ne s'avale pas tout seul, les bouquins de cette petite série fantastique. Parole ! Les mecs qui torchaient ces récits devaient en tenir une sévère. DUBONNET, CINZANNO, jusqu'au ras de la glotte, la binette imbibée comme ce n'est pas permis.
AU SECOURS !

Et pourtant, le traducteur nous l'assure en page 12 du Piège du Diable :
"Je suis sûr que vos craintes résulteront sans fondement."
Mais il se trompe.
Lourdement.
Car le fondement repointe son vilain nez poilu quelques feuillets plus tard.
"Je m'approcherai de la maison du côté postérieur..." déclare un protagoniste amateur de marche à pied inversée : le cul en avant, et à reculons. Bravo !
Au registre des exploits physiques, applaudissons aussi, en page 122 du même roman, cette mort particulièrement renversante :
"Son corps fit une chute suffoquée par le tapis."
Mais cessons les galéjades. Reprenons notre sérieux. restons efficaces. Bref : résumons cette paire bouquins. Ou plutôt : inventorions-la. C'est plus simple et plus gouteux.

Ainsi, Le Piège Du Diable, tu pourra trouver : un pianiste aveugle, un garde-chasse obsédé sexuel (" je suis un animal ! " lance-t-il page 56 après un " baiser luxurieux "), un patelin paumé, un pré smaragdin, une nénette nudiste, une étrange malédiction (" le diable a joué avec nous pendant longtemps... maintenant il veut terminer la comédie...") et un canasson nommé Diablo, totalement dingo.
Rapportons aussi, pour les lecteurs pervers, une ébauche d'esquisse de rapports zoophiles entre la nénette nudiste et le canasson nommé Diablo (totalement dingo) et une tête coupée qui balance sa petite giclée de sang, page 151.
Suivant !

Le suivant, c'est L'Homme de l'Au-Delà. Nous y retrouvons Bob et Corinne, le couple héroïque du Sosie Infernal, deuxième volume des aventures de Dracula. Nous y retrouvons aussi la sphère lumineuse extraterrestre qui avait précédemment aidé Bob et Corinne à vaincre le méchant fantôme revanchard qui fabriquait des clones zombies lubrico-anarchistes au fin fond de l'écosse afin de dominer le monde.
Cette fois, Bob et Corinne font un voyage au Mexique et s'opposent à des extraterrestres " très méchants " qui vivent à l'intérieur du cratère Popocatepetl. Comme l'indique, en page 82, un gugusse amateur de CHAMPAGNE CREMANT :
" Ce furent eux qui guidèrent la cruelle civilisation Mayas jusqu'à sa destruction. Ils étaient assoiffés de sang ils voulaient des morts et des ravages."
Hélas, tout ce qu'ils ont récoltés, ce fut mon assoupissement.
Radical et bien baveux.
Je soulignerai néanmoins, pages 112 et 113, l'apparition d'un apéritif médicamenteux catalan, le BYRRH - apéritif qui tombe à pic car de tous les récits publiés dans cette collection, L'Homme de l'Au-Delà en est assurément le byrrh.
Ah ah ah ah.
Quant à savoir pourquoi je lis encore ces romans... eh bien... je ne saurais te le dire exactement... Mais pour citer je ne sais plus quel personnage secondaire du Piège du Diable :
"Il y a des mystères qui ne sont pas fait pour mon cerveau ; je les accepte et c'est tout."

MALISSIA # 8 (1982)

Dans un billet daté de fin juin, à propos du film Malefices Pornos, j'évoquais rapidement ces petits photo-romans qu'André Guerber édita entre 1980 et 1984 : Satanika, Cinelove, Cinérotika et Malissia.
4 publications différentes, toutes en petit-format noir & blanc et dont les intrigues (souvent étalées en plusieurs parties) mélangeaient allégrement sado-masochisme de pacotille, fétichisme à la papa, fantastique crapoteux et faits divers façon Nouveau Détective.
On y trouvait des zombies, des bossus, des savants, des sectateurs, des illuminés et des assassins. Tous aussi fous que lubriques.
Bref, le bonheur absolu.

Et donc, pour ceuzes et celles qui n'ont jamais vu de leur vie un de ces petits bijoux de mauvais genre et de mauvais goût, voici un petit extrait du numéro 8 de Malissia, 4eme trimestre 1982.
Titre de l'épisode : Le Maitre Diabolique !
Que rajouter de plus ? C'est encore une histoire farfelue, encore une histoire de secte et notre homme sait assurément comment un gentleman doit se comporter avec la gente féminine. "Allez... à quatre pattes, chienne ! "
Le "GOD" au chatterton sur sa toge blanche est tout aussi imparable.
Je n'oublierai pas non plus cette case qui, quelques pages plus loin, réussi l'exploit de concentrer en si peu d'espace - 8 cm de hauteur, 12 de largeur - un maximum de plaisir intellectualo-déviant :
La trogne, le regard, le monologue impérissable. J'y perçois même le rire démoniaque qui doit déjà se répercuter, en silencieux, dans sa caboche de fou furieux.
La classe.

MALÉFICES PORNOS (1976)

Maléfices Pornos est l'histoire d'un rêve et du lien plus ou moins ténu qu'il entretient avec la réalité. Ça s'ouvre dans la banalité la plus confondante qui soit, ça se termine dans la noirceur extreme du fait divers.
Un homme (excellent Gilbert Servien) et une femme, dans un appartement minable. Lui ne peut pas bander. On l'a bien vu s'y essayer, quelques minutes plus tôt - partie fine entre amis dans le salon, mise en bouche ordinaire pour film X fauché - mais peine perdue. Sa tuyauterie ne répond qu'en courant aléatoire.
" Tu sais bien qu'tu peux pas " dit sa femme, hors champ, tandis que la camera se focalise sur un zizi rabougri que son propriétaire tente vainement de ragaillardir.
Le morne quotidien de l'impuissant.



Alors, le soir venu, privé de sa petite partie de jambes en l'air, il se plonge dans un roman de gare - Meurtres Vaudous de l'Anglais Roger Hutchings, publié dans une des multiples collections André Martel animées par ce fichu (faux) barbichu de Martin Meroy - avant de sombrer dans un songe caverneux.
Étant donné la suite du métrage, je l'aurait plutôt imaginé, notre homme, lisant Max Le Roi du Monde d'Hubert Burger. Car le rêve qui articule Maléfices Pornos est une implacable descente aux enfers et, si l'on n'y atteint pas le centre de la terre, l'Agarttha sacré et ses contrées secrètes, on se rapproche dangereusement du cœur d'une démence aussi saugrenue que sanglante.


Tombé dans les bras de Morphée, voila notre homme torturant des jeunes filles dans une grotte obscure. Remaquillé pour l'occasion, fardé de blanc, visage exsangue, il évoque un monsieur Loyal vulgaire et grotesque tandis que sa femme, transmutée en tigresse cruelle, assène en cadence d'énergiques coups de fouets.
Elle est vampire souterraine, wobina en cape et cuissardes noires, une complice de choix : rabatteuse de gisquettes, pourvoyeuse en chair fraiche, Zara de retour d'une virée à Pigalle.

"C'est du nanan," affirme-t-elle au sujet de la première cuvée du métrage, pas encore consommée. Le nanan, deux greluches geignardes, est enchainé à un rocher, flagellé, marqué au fer, violé, massacré.
Dans un fantasme évoquant ces photographies du théâtre du Grand-Guignol - par exemple, Denise Dax souffrant en noir et blanc, la pointe des seins coupés aux ciseaux - l'homme érecte enfin.


Film performance, en quelque sorte. Comme si une bande de spéléologues partouzards avaient pliés en quatre leurs facéties les plus délirantes pour mieux s'intégrer à la trame en deux cases par page de ces photo-romans sado-masochistes qu'André Guerber éditait à la fin des années 70.
Impression d'assister alors à la version cinéma d'un Satanika, Cinelove, Cinerotika ou autre Malissia - mais en plus furibard, en plus frénétique - en témoigne le clou du spectacle : Manu Pluton, hercule d'ébène, bavant et éructant, engloutissant une pâtisserie crémeuse avant de subir les outrages habituels puis de se rebeller.

Maléfices Pornos plonge alors dans la dinguerie la plus totale, pantalonnade morbide se concluant par un saccage de bagouse, retournement aussi brutal que burlesque avant un brusque retour à la réalité, point final logique et cafardeux, caustique comme les remugles de cet humour noir dont les ricanements semblent rebondir en échos infinis tout au long de cette fascinante bizarrerie filmique.
Le dvd de Maléfices Pornos fut offert aux 300 (et des poussières) souscripteurs du Dictionnaire des Films Français Pornographiques et Érotiques en 16 et 35 mm.
Outre une bande annonce fabriquée pour l'occasion, on y trouve une longue et savoureuse présentation du film par un Christophe Bier pince-sans-rire et farceur. Ensemble parfait que j'applaudis de tous mes membres (clavier inclu), tout en rêvassant moitement à d'autres sucreries de ce genre.
Oui, à quand un dvd du Draguse de Patrice Rhomm, de Spermula, de La Goulve, de la Main Noire, de Massacre Pour Une Orgie ou encore (entre autres choses) de Entrez Vite... Vite, Je Mouille ?

Messieurs les éditeurs sérieux, nous comptons sur vous !

ÉVADÉ DE SAINT GILLES

Tiens gars, voila de quoi te couper la banane. C'est la quatrième de couverture du numéro 12 des Photoromans du Puma, petit-format édité en 1973 par les éditions de Saxe.
Magnifique, n'est-il pas ?
Bon, à l'attention de mes lecteurs malvoyants, je me permets tout de même de résumer le bidule.

Donc, sur cette image, nous voyons un savant probablement fou qui, dans sa cave-laboratoire / gros bric à brac de bordel électronique obsolète, téléguide à l'aide d'un talkie-walkie un homme qui, non seulement porte sur son visage une cagoule bleue façon sectateur dans les muets de Louis Feuillade, mais qui, en plus, y a rajouté par dessus un masque Batman pour carnaval et semble prêt à esquisser quelques pas de twist robotique (ou alors, ça, c'est juste dans ma tête...)
Quant au titre de cet épisode, Évadé De St Gilles, il me fait me demander si cette histoire ne se déroulerait pas dans la commune de Bruxelles du même nom, bien connue pour sa faune d'artistes drogués, de petits vieux excités et de roumains alcooliques.
Autant dire qu'avec nos deux olibrius du dessus, ça colle plutôt bien.

EN ROUE LIBRE !

COPULA CUM DAEMONE, HUBERT BURGER
LE ROI DU MONDE, HUBERT BURGER
ÉDITIONS GALLIERA / MAX # 1 & 2, 1974

Certains romans font l'effet de bombes. Dans le cas des Aventures de Max Von Grub, signées Hubert Burger, l'analogie ne sera pas suffisante.
Et de loin.
Car les effets que ces deux volumes produisent sur leur lectorat incrédule ne peuvent se comparer qu'à une centaine d'explosions atomiques simultanées.
Et toutes sur un seul et même point d'impact.
Votre crâne.
Je ne blague pas.
440 pages de Max Von Grub équivalent à une exposition intégrale aux brumes terrigènes. Ce n'est pas du tout-venant. Plutôt du tous azimuts bien siphonné.

Bref : nous sommes pas là pour tricoter.
Les demi-portions à l'esprit fragile feraient mieux d'aller lire ailleurs leurs Anticipation. Hubert Burger, c'est une affaire d'hommes, de vrais. Compris ?


Bon. Maintenant que nous sommes entre nous, permettez que je fasse les présentations.
A ma gauche, Copula Cum Daemone, le premier volume de la série. La jeunesse de Max Von Grub, l'enfant aux yeux de chat, né la nuit de la sainte Walpurgis. Fils illégitime de Lucifer et de la sculpturale Madame Von Grub, victime bien malgré elle d'un incubat.
Le premier chapitre annonce la couleur. Possession démoniaque et masturbation féminine.
"L'orgasme la secoua comme une secousse électrique ; un jet glacé l'inonda, un jet d'acide et non de sperme qui paralysa son ventre tout en accentuant sa folle jouissance."
Tu peux le constater, Hubert Burger n'y va pas avec le dos de la cuillère mais cet accouplement surnaturel n'est qu'une aimable mise en bouche. Trente pages plus loin, Max naît et voila notre auteur qui mêle à ses inconvenances cochonnes des complaisances perverses propre à la littérature poubelle d'après guerre.
Nazis sadiques, tortures raffinées, humiliations en tout genre. Madame Von Grub en prend pour son matricule, le lecteur en a pour sa galette et Hubert Burger fait peu à peu monter la mise.
Inceste, nécrophilie, supplice du pal dans les régions rectales. Amusez-vous, la sauce est joyeuse et, déployé sur une trame bassement picaresque, Copula Cum Daemone s'affiche comme un ardent roman populaire rejouant les grands airs du gothico-frénétique à une cadence toute seventies.
Max visite un camps de concentration et croit avoir vu le jardin de Dieu. Max entre au service d'un baron dépravé et étudie les sciences occultes. Max s'initie à l'anarchisme via les écrits de Paul Lafargue.
Pornographie ésotérique, satanisme pop politisé, fantastique beau et biscornu comme une série Z largement dénudée - on croirait Mario Mercier, dépouillé de son style outrancier et s'adressant aux béotiens lecteurs de romans de gare. JE VOUS AI COMPRIS ! Soyons tout à la fois rustres et raffinés. Du cul de haut vol et de la philosophie de bas étage. Une écriture alimentaire et maîtrisée.
Voila le programme. Votez pour lui.
C'est Jean-Louis Bouquet enchaîné par André Guerber dans une chambre de passe minable du quartier Pigalle et forcé à lire des publications Elvifrance
. C'est Charles Nodier transporté 150 ans dans le futur, battu à mort, libidineux et scénarisant pour Jean Rollin un improbable sortilège cinématographique aux dialogues excessifs.

D'ailleurs, évoquons-les, ces dialogues à la prose folle furieuse.
Page 65, un dément expliquant au jeune Max, 6 ans, le mécanisme d'une chambre à gaz.
Page 91, Max violant sa mère dans un songe fiévreux.
"Regarde, mère impie ! Je vais t'enduire de cette bave ! Regarde ! Mon sexe est une vipère !"
Page 149. Un nécrophile en rut faisant l'article de sa passion:
"J'aime les petites filles mortes et pas encore fanées, j'aime quand leur chair, en se décomposant, devient molle et maniable comme de la pâte à modeler ! Je veux jouer avec les cadavres et ne m'occuper de personne d'autre, ha ha ! Ejaculer dans un vagin inerte, introduire la vie dans la mort, remplir le ventre d'un cadavre de ma semence brûlante, oui, par-derrière, par-devant, et quand ce ventre est gonflé de mon foutre, alors il se met à parler et il se vide comme une mégère qui a bu trois litres de bière..."
L'amateur de bizarreries imprimées sera aux anges. Il y a chez Hubert Burger quelque chose de Ernst Rato, de Max Roussel, mais sans le ton outré ni le style flamboyant de ce dernier. Les artifices du sublime sont tronqués au profit d'une narration formaté roman de gare, orienté vers la concision et l'efficacité mais pas dénuée de charme ni de qualités. C'est de la littérature populaire fantastique de belle facture, produite à une époque où l'on mélangeait sans vergogne sexualité et morbidité, où l'on se gorgeait de parapsychologie douteuse et où les sorcières habitaient dans des HLM tandis que les sectateurs satanistes se baladaient dans les campagnes industrialisées habillés en hommes d'affaire respectables, à la recherche de jeunes hippies à violer.

Malheureusement, une grande partie de cet aspect, qualifions-le de fantastique contemporain, de folklorisme post-moderne, disparaît dans les prémices du second volume de la série.
Le Roi Du Monde.
Un roman bancal, raté, mais loin d'être dépourvu d'intérêt puisque Burger, poussant le délire au-delà de 9000 et des brouettes pourcents, y grille ses derniers fusibles.

Disons-le clairement, Le Roi Du Monde est un roman profondément débile. Je pèse mes mots.
Au niveau de la littérature poubelle cochonne et dégénérée, ce bouquin n'a rien à envier à, exemple de choix, Une Belle Gonzesse de Regis Lary. Bien au contraire. Il aurait même certaines choses à lui apprendre.
On croit rêver et pourtant, dès le départ, on se rend bien compte qu'un truc cloche, comme si Burger ne savait pas trop où aller après son premier roman initiatique.
60 pages désorientées, qui voient l'auteur transformer son personnage d'anarchiste démoniaque en un agent secret à la solde d'une société occulte de pornophiles anonymes amateurs de massages thaïlandais.
60 pages de cul à la Gérard De Villiers surtout.
J'imagine l'éditeur faire pression sur l'auteur. "Coco, le lectorat se plaint. Force la dose. Mais attention, pas de tes saloperies contre-natures. Du classique, du solide, ok ? Fellation, p'tite branlette et pénétration. Fais reluire. Dans le sens du poil."

60 pages de ce traitement de choc donc, qui nombre de fois autorise le sourire (échauffement des muscles zygomatiques pour éviter le claquage, merci Hubert) et paf, chapitre 3, le roman débute.
Accrochez-vous.
Tintin au Tibet. Pardon. Max Von Grub au Tibet.
Vous inquiétez pas, le Yeti est bel et bien dans les parages. Un sacré coquin, çui-là d'ailleurs, mais ce ne sont pas nos affaires et je vous sens tout interrogateurs, tout perdus.
Que va-t-il donc y foutre au Tibet, Lucifer Junior ? Eh bien, tout naturellement, il va y faire un petit stage intensif d'introspection Bouddhiste avant de partir à la recherche de l'entrée de l'Agarttha, grosso-modo, l'entrée de la Terre Creuse, y descendre jusqu'à la cité de Shamballah et là, convaincre le Roi du Monde de ramener la paix à la surface de la planète.
Vous suivez toujours ?
Moi non mais on s'en fout. Entré dans l'Agarmachin, ça devient vraiment passionnant.

Nous sommes page 127. La valve de la chambre à conneries sous pression d'Hubert Burger semble montrer quelques signes de faiblesses et Max rencontre un premier peuple souterrain, Les Dzong, qui ont des perceuses en guise de zigouigoui, ne vivent que pour copuler, pondent un million et demi de chiars par an et, pour combattre la surpopulation, emploient une méthode fichtrement radicale, prenez note, ils foutent leurs mioches tout frais pondus dans une fosse commune, agrémentent le cocktails d'explosifs (magiques, dixit l'auteur) et, paf, ils font tout péter !
Ça produit un gigantesque geyser de sang sous lequel nos Dzong organisent une partouse grandeur nature, se perçant la couenne sous toutes les coutures avec leurs multiples organes sexuels contondants et provoquant, par agitation psychique ou un truc dans le genre, une décharge électrique qui leur assure de la lumière pour l'année à venir.
Dantesque, n'est-il-point ?
Et ça ne va pas aller en s'améliorant car déjà la dernière durite de monsieur Burger est en train de rendre l'âme.
Nous pénétrons dans les enivrantes contrées du chapitre 6. Prisonnier Des Wobina. Un titre qui promet... et qui tient ! Les trente pages les plus dingues que tu lira jamais dans ta vie, une histoire de femmes vampires se nourrissant du sperme d'homme.
"Dans le fond, je préfère qu'elles me prennent ma semence que mon sang..."

...déclare Max, inconscient de ce qu'il l'attend : une vidange meurtrière !

Je te laisse la surprise du comment mais attends-toi à une démentielle orgie de papier, à un sommet de folie dans les tréfonds de ce roman poubelle et qui, en plus, se paye le luxe de se clôturer par la vision la plus improbable et farfelue qui soit, pages 188 et 189.

Max Von Grub, vidé par les Wobina d'une bonne centaine d'hecto-litres de sperme et enfin tiré de leurs griffes par les chevaliers de la table ronde, Max Von Grub, égaré, à des milliers de kilomètres en dessous de la surface de la terre et qui rencontre... James Dean. Souffle coupé, fou rire, incrédulité, bonheur infini. Ces deux feuillets sont comme un saint Graal de la littérature qui débloque un maxi-grand max.
"Il faut le sauver, s'écria-t-il d'une voix soudainement raffermie, nous ne pouvons le laisser à la merci de ces tigresses ! Il faut sauver James Dean !"
Et Hubert Burger, enfin, lâche les amarres, s'envole, la boite à idée définitivement cramée après toutes ces fulgurances inespérées. Le dernier chapitre se déroule alors comme en apesanteur, calme, reposant, son auteur résolument retiré de la course à la connerie ultime rémunérée.
Reste qu'au détour d'un dialogue, une question surgit, insidieuse, essentielle.
Qui était Hubert Burger ?
S'agissait-il du pseudonyme d'un auteur devenu fou furieux ? D'un dangereux illuminé ? D'un gourou new age pornographe à ses heures perdues ?
Et surtout, surtout... Était-il sérieux ? Vraiment sérieux ?

"Bien sur. Mais personne ne te croira. Je peux même te dire ce qui arrivera : tes aventures feront l'objet de livres qu'un auteur ambitieux écrira grâce à ta complicité. Et ces livres ne seront pas pris au sérieux..."
...On se demande bien pourquoi...

CARTES SUR TABLE (JESS FRANCO)

Quelle ne fut pas ma surprise, en épluchant les suppléments au dvd de Pas De Roses Pour OSS117, dvd gracieusement mis sur le marché en 2007 avec quatre autres de ces compères Hunebelleéien par Pathé Video en célébration marketing de l'ennuyeux premier méga-détournement post-moderne de la franchise Jean Bruce, de découvrir une bande-annonce d'époque pour Cartes Sur Table, bande euro-spy signée Jess Franco, sortie une année après le terrible (au sens très très négatif du terme) Alpha Ville et bouclée dans la foulée du sublime Miss Muerte / Diabolical Doctor Z, chef-d'œuvre de l'angoisse érotique sur fond de vengeance échevelée.
C'est d'ailleurs Jean-Claude Carrière, signataire du précédent méfait de notre espagnol favori (et partiellement Benoit Becker pour les lecteurs du Fleuve Noir Angoisse), que l'on retrouve au scénario de Cartes Sur Table. Le bougre semble être en forme : exotisme extrême-oriental, espionnage pop et science-fiction de quat' sous. Rajoutons là dessus le seul, l'unique, le Eddie Constantine, la jolie Sophie Hardy, des hommes-robots qui ne disent pas leurs noms, un titre US racoleur (Attack Of The Robots !!!) - que désirez-vous de plus ? Une édition en dvd ? Oui ? Alors, prions tous ensembles mes frères (et sœurs). Invoquons Cartes Sur Table en format digital master haute définition (ou pas). Et puis, tant que nous y sommes, faisons d'une pierre deux coups et invoquons aussi Je Vous Salue Mafia, un autre Eddie Constantine des sixties, sans Franco cette fois-ci mais bien accompagné par Henri Silva sur un scenar burné de Pierre Vial-Lesou. Mais ça, on en causera une autre fois, en détails. En attendant, voila le cadeau. Trois minutes de bonheur.


SATANIKA # 22 (EDITORA / 1983)

un petit dernier post cochon avant la reprise d'activités plus... serieuses (...ou pas)...

GREAT SCOTT !

Ça y est, le second Showcase consacré à la série World's Finest vient de sortir. 516 pages de Batman , Robin et Superman en Team-up, mais surtout 516 pages de n'importe-quoi magnifique, avec des monstres farfelus, Mr Myxzptlk et Batmite qui s'affrontent, des voyages temporels et aussi dimensionnels, des expressions à l'ancienne bien comme il faut et, un essentiel, l'art ménager à la mode super-héroïque.
Par exemple, voici Superman reconverti en technicien de surface :


Que du bonheur, je vous dis !!!

GHANA MOVIE POSTERS (MOLLUSK # 06)

Un magnifique, mais un peu trop mince (seulement 36 pages), fascicule de reproduction d'affiches de films internationaux par des peintres ghanéen et destinées à l'exploitation promotionnelle dans les video-clubs ou cinémas locaux. Les images parlent d'elles-mêmes. C'est dégoulinant et trash à souhait, tendance art-brut du tier-monde. On est d'ailleurs pas très loin du cinéma indonésien, mais ici, ce n'est qu'une affaire d'affiches. Qu'importe ! Jamais ces affreuses productions US La Mutante 2, Hellboy, Sleepy Hollow ou Blood Rayne ne m'étaient apparues comme aussi tentantes !
Merci le Ghana !


la promo bongout est plus informative que mon post :
"Bongout release Mollusk 06 a special Ghana Movie Poster edition together with its exhibition at the Bongout gallery-showroom. Those oil-on-canvas (to be more precise oil-on-potato-bags) advertised a moving cinema which presented films in schools, private houses, social clubs or — depending on the weather — outside. These inventive and funny paintings show a more optimistic version of what the movie will be than the reality of the content. Used for two to five years, depending on the success of the film, the posters’ conditions often demonstrate their everyday exposure to the sun and ways of hanging, either simply nailed in the corners or stretched on a precarious frame."
Plus de Bongout sur ce post de Mr L ! Quant à l'ouvrage Ghana Movie Poster, commandez-le ici !

SATANIK SFX


Satanik # 19,
Laissez Passer Pour L'Enfer, juin 1967 (dernier numéro français).

THE CHAMPIONS OF JUSTICE (1971)


La scène d'introduction est formidable. Blue Demon (pour une fois débarrassé de cet enquiquineur de Santo), Mil Mascaras (l'homme au gimmick ultra-cool : il change constamment de masque) et quelques uns de leurs super copains lutteurs font de la moto dans Mexico, de nuit, avec de l'easy-garage en fond sonore. Les crédits s'affichent sur leurs torses, c'est la grande classe.
Après ce chouette tour de piste, ils débarquent sur le ring du coin pour disputer un petit match de lutte avec de vils blondinets body-buildés. Mais, alors que nos héros ont l'avantage sur les catcheurs aryens, une bande de nains en costume rouge leurs tirent dessus à la mitraillette. Ils ont beau être à bout portant, les minus ratent leurs cibles et s'enfuient.
Blue Demon, qui n'est pas né de la dernière pluie, fait rapido le lien entre les nains costumés et un ancien ennemi, le diabolique scientifique Mano Negra.

Bon, nos Justiciers n'ayant pas que ça à faire de leur soirée, ils préfèrent se rendre à l'élection de Miss Mexico. On peut les comprendre, c'est un spectacle du tonnerre avec des nanas en maillot une pièce qui défilent sur une scène. Malheureusement, les nains costumés sont également de la partie et frappent un seconde fois : ils enlèvent les nanas monokinées.
C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Blue Demon et sa bande décident alors de mettre un point final aux agissements de Mano Negra. Mais les nains sont up-gradés par leur chef (via une cloche électronique à explosion puis un petit bracelet en nickel) et ont désormais la force de dix hommes. Nos justiciers, Mil Mascaras en premier, en prennent plein la tronche. Une vraie déconfiture. Par chance, la super-force des petits bonshommes n'est que temporaire et nos héros reprennent enfin le dessus, balançant du nain à tirelarigo (mention spéciale au barbichu qui ressemble à Lénine et qui, à la fin, prend feu dans le super-calculator du méchant).

Bref. Après diverses bagarres en tout genre (dans un avion, dans un entrepôt, dans un champ, dans un aquarium, etc.) les champions délivrent les filles des sales pattes de ce tordu de Mano Negra. (Tordu est le mot : il avait congelées les girls et comptait les reprogrammer mentalement !).

Finalement, l'élection de Miss Mexique a bien lieu et c'est Miss Chihuahua qui gagne. Yay !

(Mil Mascaras - ici déguisé en proxénète mexicain - vient de se faire donner par trois nains énervés)

C'est simple, The Champions Of Justice est un mexploitation exceptionnel avec tout ce que l'on peut exiger du genre : Un groupe de lutteurs masqués, une horde de nains catcheurs, des nanas en maillot disputant un concours de beauté, un scientifique timbré, des machines à bidules clignotant et de l'easy-listening hors de propos pendant les bastons. Dans le genre, il est difficile de faire mieux. L'ensemble est parfois un tout petit peu longuet (ou plutôt, répétitif) mais, il faut bien l'avouer, c'est un défaut inhérent à ce type de production.

Le film est actuellement édité par BCI, en zone 0 et sous-titres anglais. Il est disponible dans une double-feature Lucha Libre, avec Mystery In Bermuda en face B (pas encore visionné). L'image est de qualité médiocre, un peu trop sombre, mais, au prix auquel il est proposé (moins de 6 euros port compris), il est inutile de faire son difficile.
Et vous ne trouverez pas ça ailleurs !

KINOCRADO # 3 : LE BARON DE LA TERREUR (1961)


En matière de cinéma d'épouvante, un pays pauvre est toujours la garantie indéniable d'un divertissement à la qualité hautement psychotronique. C'est à dire : un budget ridicule au service d'idées farfelues, de conditions techniques pas vraiment optimales et d'un objectif anti-artistique totalement assumé. Un contrat-confiance que les Mexicains ont toujours su honorer avec un certain zèle : les cinéphiles (?) du monde entier ne remercieront jamais assez René Cardona et tout ses amis pour leurs Santo et autres Blue Demon produits à la chaînes dans les années 60 et 70.
Mais, dans le registre du mexi-trash, commençons en douceur avec Le Baron de la Terreur, petite perle de mauvais goût signé Chano Urueta.

En 1661, un baron décadent, joué par l'exceptionnel Abel Salazar, est condamné au bûcher par le tribunal local de l'inquisition. Alors qu'il est en train de griller par surimpression de flammes, une comète passe dans le ciel. Il jure alors, face à ses bourreaux, de revenir dans 300 ans, au prochain passage de l'astre, se venger sur leur descendance.
Et nous voila donc en 1961. Un jeune couple d'astronome et leur éminent professeur se prennent d'intérêt pour cette étrange comète qui déboule dans le ciel mexicain et s'écrase non loin de l'observatoire. En fait, c'est un gros bloc en papier mâché qui tombe sur un plateau jonché de branches mortes symbolisant une foret mexicaine. Le faux rocher spatial libère alors... le baron de la terreur !


Celui-ci revêt au cours du film deux apparences très distinctes : d'un coté Abel Salazar dans sa plus belle imitation de Robert Mitchum sous anesthésie, de l'autre, et après transformation, le baron de la terreur, une hideuse créature aux cheveux gras, à la langue pendante, aux mains ventouses et à la tête en plastique mou animé par pompe à air. La grande classe, et sans aucune retenue.
Alors qu'à l'époque, les bandes fauchés US de monster-feature jouaient avec les ombres et les éléments de décors en cache-misère, nos mexicains mettent en avant leur star avec une rare fierté. Aucune inquiétude au niveau du ridicule, le spectateur en aura pour son argent.
Et quant le baron disparaît, Salazar prend la relève avec une efficacité proprement éblouissante. Son jeu de regard, soutenu par une lumière clignotante, est particulièrement épatant.
Car outre la vengeance, le baron a deux grandes marottes : 1) la dégustation à la petite cuillère de cervelles confites et 2) les femmes, qui se jettent dans ses bras dès qu'il leur fait le coup des yeux stroboscopiques. L'effet est assez hallucinant - comme à peu près tout dans ce film.
Par exemple : Les décors ? des paysages projetées sur le mur du studio, enlevant alors toute liberté de mouvement aux acteurs. le supporting-cast ? deux policiers aux réparties comiques navrantes. le rythme ? inexistant.
Le tout, c'est une bande unique, belle et naïve. Un film au serieux à toute épreuve, à la fois éprouvant dans ses longueurs et fascinant de par son absence de logique.

Pas forcement la porte d'entrée parfaite pour découvrir le cinéma mexicain populaire des années 60 (un bon Santo est peut-être plus approprié) mais assurément un passage obligatoire pour tout amateur de bizarreries bancales fauchées à l'ancienne.