DEUX ANS DE MULLER-FOKKER

... Enfin, deux ans, pas exactement. Plutôt deux ans et dix-huit jours, vu que le mois du noir a tout chamboulé dans mon planning ultra-serré (oui, oui, j'ai un planning. Jamais respecté, soit, mais j'ai un planning, c'est l'intention qui compte, voila voila, fermeture de parenthèse) et je reprends :
2 ans de Muller-Fokker soit 199 billets, soit plus de 400 bouquins lus, soit approximativement 142 bouquins critiqués. Peut mieux faire, je sais, cela figurera d'ailleurs en bonne place dans mes résolutions pour l'année à venir. En attendant, comme le dit si bien la môme double mouche, remettez-ça c'est ma tournée. J'en reprends même pour deux années. J'espère que vous ne serez pas contre. Sachez d'ailleurs que le programme reste inchangé. Le Muller-Fokker continuera de remuer cette fange sucrée acidulée, hallucinée décomplexée, enthousiasmée et captivante qu'est la littérature poubelle de qualité et ses romans pour prolos et idiots, pour snobs et marginaux, ses espionnages débiles et sa pornographie renversante, ses polars qui claquent et sa SF qui flippe. Pas de quartier. Pauper et sans reproche. Car c'est justement dans la littérature dénigrée que l'on se fait le plus mousser le cervelet. Jusqu'à ébullition. Explosion. Dégradation. Que dis-je ? Dévolution ! Pis ! Perte totale des facultés cognitives normalement acceptés par les tenants du bon goût. Après ça, impossible de se recalibrer. Z'êtes devenus des morlocks de la chose imprimée. C'est agents secrets qui se tirent dessus en faisant du ski-nautique, virées sub-atomiques vers des micro-galaxies multicolores, nazis sadiques en goguette, monstres mutants super-membrés et nanas girondes à la mentalité roman-photo ou RIEN !
N'acceptons pas les compromis, et encore moins les hauteurs auteurisantes de la sécurité intellectuelle - je déteste l'idée d'être d'accord avec Godard mais il avait raison : ce sont bien les marges qui tiennent les pages d'un livre. Trop con qu'il ne l'ait pas compris en s'y frottant, aux marges, justement.

Et puis, si l'on se moque de vos penchants déviants, de votre goût pour l'absurde et du sérieux avec lequel vous lisez vos torchons, demandez à la grincheuse personne qui vous apostrophe un échantillon de ses propres lectures. Ça ne pourra jamais valoir un bon vieux roman poubelle à quat' sous de détective privé formaté 190 pages, bourré de coquilles et avec moulure vulgos blonde platine à oilpé en couverture. Parole de robo.

Quant aux prochains mois sur le Muller-Fokker, je vais essayer de rendre hommage à deux genres que j'ai injustement oublié jusqu'à présent. Tout d'abord le western, qui dans les années 50/60 fut le pendant aventureux du polar américain, et ensuite (à moins que je fasse l'inverse...) les romans humoristiques. Qu'ils soient vulgaires, poujadistes, illisibles, pas drôles ou étonnamment poétiques, ils forment à n'en point douter un pan majeur de la littérature populaire du 20eme siècle et ce serait tout de même plutôt bête de passer à coté.

Avant de terminer, deux choses (et puis demain, je reviens faire le point sur les bons, les très bons, les vraiment très bons romans abordés au cours de ces deux années de pulpbot...)

1 ) J'aimerai remercier les gens qui suivent, depuis deux ans ou depuis deux semaines, ce blog. Ce n'est pas une foule (environs 80 personnes par jour, mais il faudrait évacuer de ce compte les 40 pervers qui se pointent en tapant sur un moteur de recherche "femme + sodomie + chien"), mais cela me fait tout de même plaisir. Je suis pas doué pour les remerciements mais, euh, voila, merci beaucoup. Même les 40 pervers, finalement. Merci merci. J'apprécie votre tournure d'esprit.

2 ) la photo juste au dessus n'est pas de moi. Elle a été prise il y a quelques semaines à Paris, rue Jussieu, par un Espagnol et non, désolé, ce ne sont pas exactement des poubelles comme les autres. C'est le résultat des actions conjuguées d'un brocanteur et de la pluie sur la collection de BD et la correspondance professionnelle de Claude Moliterni. Je viens de découvrir la nouvelle sur le site de Rich Johnston et j'ai beau assister à ce type de spectacle à une fréquence quasi-journalière aux puces de Bruxelles, j'ai beau fréquenter assidument les poubelles et m'en repaitre abondamment, encombrant ainsi mon appartement en déchets inutiles et nauséabonds (je blague), pour le coup, appelez-moi petite nature si ça vous chante, mais ça fait un choc.
Claude Moliterni, tout de même !
(ah merde, on se quitte sur une note triste... désolé...)

7 commentaires:

Filo Loco a dit…

flippante cette photo ! et de tout coeur avec toi pour continuer à suivre tes posts encore longtemps !
et oui le buffet est gratos (au moins en ce qui concerne nos pies...pour le reste je sais pas c'est pas nous qui organisons !)

mikkymixx a dit…

J'ai beau chercher je ne trouve plus la photos de la femme qui sodomise son chien.

losfeld a dit…

Deux ans de bonheur cher robo, si j'avais une imprimante couleur je m'imprimerais bien tout ton blog tiens, vieux cochon découvreur de déchets magiques. Bonne continuation à tes deux blogs l'ami!

ROBO32.EXE a dit…

Filo : n'est-il pas ? il parait même qu'il s'y trouvé une planche originale...

mikkymixx : ah, c'était donc vous ?

losfeld : merci beaucoup lolo.

Clifford Brown a dit…

Purée j'ai de la lecture en retard dis donc, t'as pas chomé ! Merci pour ces 2 ans de bonheur et que ça dure !

Je découvre stupéfait ces photos de la collec' de Moliterni...

DrBis a dit…

Deux mois environ pour moi, mais je rempile pour X années ! Prescription du docteur : a consommer sans modération !

ROBO32.EXE a dit…

merci Docteur !