LA CARESSE DU FAKIR

Non mais quel abominable sagouin, quel rustre, quel sale gougnafier que ce gusse !
Pour torturer ainsi la magnifique poitrine de la belle Dana (qui, comme vous le savez probablement, est la petite copine pulmonée de Satanik), faut vraiment pas être net dans son bénard.


Heureusement, à la fin, il crève salement d'un bon coup de surin.
Merci Satanik # 18, 1967.

LE STYLE RANDA

PÉRILS SUR LA GALAXIE, PETER RANDA
FLEUVE NOIR / ANTICIPATION 724, 1976

La couverture justifie tout. Une tête géante de singe flottant au dessus d'une cité futuriste quadrillée par des hélicoptères. Triplette gagnante : singe plus hélicos plus futur. Sans compter Brantonne.
Par contre, le titre est assez passe-partout. Périls sur la galaxie, ça veut dire beaucoup de chose. Tellement de choses que presque tous les romans Anticipation pourraient se nommer Périls Sur La galaxie.

Enfin... passons.
Donc, dans ce péril précis qui menace notre bonne vieille galaxie, une race extraterrestre essaye d'asservir l'humanité via l'utilisation de singes télépathes domestiqués. Heureusement, un homme, amnésique mais à la volonté de fer, héros typique de Peter Randa (la quarantaine bien tassée, conformiste résistant, machiste sûr de lui) s'oppose à ce gigantesque complot en tuant froidement les singes oppresseurs, les uns après les autres, avec son pistolet fulgurant du futur reglé en intensité maximale.
Vous étiez prévenus : C'est du Peter Randa. Il ne faut s'attendre ni à de la subtilité ni à de l'innovation. Le bouquin est d'ailleurs construit à l'identique de Brigade du Grand Sauvetage - un autre morceau de médiocrité divertissante estampillée Randa senior et dans lequel une sale race extraterrestres (originalité : ils étaient communistes) tentaient d'asservir l'humanité via l'utilisation de plantes en pot télépathes.
Plus
intéressant, par contre, dans Périls Sur La Galaxie, est le dénouement, qui voit Randa recycler certaines idées déjà grassement employées dans ses romans noirs - je pense surtout à son assez satisfaisant Dis-Moi Tue, un série noire publié en 1956 sous son vrai nom (André Duquesne) et utilisant la gémellité et toutes ses astuces scénaristiques comme point de départ.
Pour Périls Sur La Galaxie, c'est malheureusement bien plus indigent - l'effet est assené au lecteur en un bancal twist final, donnant ainsi une réelle impression de facilité (fallait bien terminer) mais éclairant néanmoins sur les méthodes d'un écrivain monstrueux.
J'entends
monstrueux en terme de rendement puisque Randa est indéniablement un poids lourd du récit populaire. Pour les chiffres, je vais faire appel au Guide Du Polar (signé Lebrun & Schweighaeuser, en 87, chez Syros) : 104 titres en Special-Police, 83 en Anticipation, ça fait déjà beaucoup. Rajoutons à cela ses Angoisses (5), ses Aventurier (27) et surtout sa production en dehors du Fleuve, très souvent multi-republiée par Dermée et Gueber sous divers titres et pseudonymes, de Transworld Publication à Euredif. L'œuvre est immense mais (jusqu'à preuve du contraire) ne comporte en fait que trois ou quatre romans distincts.
Et c'est un peu ça, la méthode Randa. Une série de combinaisons où chaque scène est la ré-écriture d'une scène déjà intervenue dans un roman précèdent et où chaque ficelle se voit re-utilisée sans vergogne bien après avoir rendue l'âme.
Rien ne se perd et rien ne change. Certaines personnes appellent ça "le style."
Pourquoi pas...

VANGUARDIA OVERDRIVE

L'UNE DANS L'AUTRE, RICARDO VANGUARDIA
EPP / EROSCOPE # 27, 1976

Après deux romans - lus, appréciés, recommandés ici-même - j'avais l'impression de bien connaitre Ricardo Vanguardia.
À mes yeux, Vaguardia était un gars un peu frustre, traducteur le jour, écrivain malveillant la nuit, et qui produisait du série noire à l'ancienne, type années 60, violent, sans concession, un peu comme du Richard Stark caricaturé à l'extrême, pour le compte d'une collection de cul bas de gamme - étant donné que les éditeurs populaires honorables ne voulaient certainement pas monnayer ses humbles talents pour d'autres travaux que ceux d'adaptions.

D'un coté, Vanguardia écrivait donc des petit romans noirs plombés, avec une ambiance lourdement americanisé, exactement celle que l'on retrouvera plus tard chez Mazarin/Necrorian en collec' Gore - fantasmes classique d'auteur français de populaire agressif : le désert façon western moderne, la route, les rednecks incultes, la frontière mexicaine, les bars miteux dans lesquels l'aube ne pénètre jamais et puis la guerre (Corée, Vietnam) en blessure qui peine à cicatriser, la chaleur, la sueur, la crasse, la poisse, l'alcool fort.
Territoire balisé mais efficace.
Ensuite, pour convenir avec les normes éditoriales d'Eroscope, il y a le cul, que Vanguardia tartine par dessus ses intentions originelles en doses massives. Il faut que les personnages baisent, que le lectorat bande. C'est la règle.
Chez lui, heureusement, c'est bien intégré au texte et sacrement moins tarte que l'Eroscope-moyen avec ses petites hippies en pèlerinage de dépucelage extrême-oriental. Vanguardia officie dans le paragraphe coïtal misogyne et brutal. Du rapidement envoyé, mais n'empêchant pas pour autant les romans de souffrir des travers inhérents au genre porno-populaire : intrigue bancale et relâchement stylistique en deuxième tiers.

De cette dernière considération, il faut néanmoins soustraire L'Une Dans L'Autre car ici nous touchons à l'absolu de la littérature poubelle farceuse. Je m'en voudrais de verser dans l'apologie facile mais cet Eroscope, tout premier récit de Vanguardia, est certainement le meilleur bouquin que j'ai pu lire en cette année 2009.
Le lecteur attentif (y-en a-t-il ?) me dira, à juste titre, que ce n'est pas véritablement un gage de qualité - les six derniers mois du pulpbot n'ont en effet été marqués que par du Don Pendleton classique dans sa bassesse et un Regis Lary énorme dans ses excès. Et c'est d'ailleurs à Regis Lary qu'il convient ici de penser puisque L'Une Dans L'Autre est un roman ahurissant d'humour, de folie et de mauvais gout à peine contenu. Ahurissant surtout dans des velléités à brusquer les normes astreignantes du roman populaire via l'usage d'un ton bêtement grossier et trivial. Ce Vanguardia fonctionne en effet comme un pastiche de roman porno-populo, de roman noir vulgaire, de roman de mec qui ne se la raconte pas, marche droit dans ses santiags et crache en biais dans le bidet.

Le bouquin débute exactement comme Paire De Femme. West, dit Flash, dit Rock, est un ancien boxer, ancien G.I., ancien taulard, ancien routier qui se retrouve par les facéties d'un shérif belliqueux à remonter sur un ring de province. Il est censé s'allonger au quatrième round mais les doux yeux d'une blonde incendiaire lui font changer d'avis. Et le voila qui, après avoir assené un méchant K.O. à son médiocre adversaire, se fait la malle avec la pépée sur une interstate des U.S. of A.
On ne voit pas le coup venir.
L'Une Dans L'Autre ne fait que commencer. 20 pages sérieuses, on lit du Vanguardia typique puis soudain, ça bascule. Le ridicule pointe son nez d'un coup un seul et l'auteur met la gomme niveau rodomontade enjouée et hilarante.
Ainsi, après avoir baisés dans une guimbarde lancée à grande vitesse sur l'autostrade, West/Flash/Rock et sa greluche s'écrasent dans la cabane d'un néanderthalien au bulbe rachitique surnommé Folk. Un gonze pas très net, avec un gros gourdin entre les deux guiboles et l'envie de monter de gros coups foireux. Le trio se débarrasse d'une bande de hell's angels nazillards encombrants puis se lance dans une des combines minable de Folk. Le polar-porno sérieux se transforme alors en remake paillard et poilant d'une cloche et deux associés. Ou plutôt d'un de ces buddy-movie prout-prout et americanisé à la Terrence Hill et Bud Spencer. On a le grand con et le gros débile, dynamic duo par excellence de la comédie lourde qui se respecte.
Affreux, sales et méchants, nos deux gniasses se vautrent donc dans la bouffonade à longueur de pages - sans pour autant atteindre les degrés de dégénérescence ultime dans laquelle se complaisaient quelques années plus tôt et au grand dam de Marcel Duhamel Luz Inferman et La Cloduque dans la série (noire) de Pierre Siniac - à vrai dire, ces deux innommables-là sont définitivement hors compétition. Ils feraient même passer Beru et Pinuche pour deux blondes californiennes siliconées certifiées playmates de l'année.
Mais le compte Inferman/Cloduque n'est pas loin. Rock et Folk sont doués pour le pathétique de basse-cour et Vanguardia s'en donne à cœur joie dans le registre loufoque, surjouant le ridicule avec un style de haute-volée que n'auraient reniés ni Ron Goulart et ses suites infernales de situations burlesques ni Regis Lary ou Jean-Pierre Bouyxou pour le déchainement sémantique du scribouillard de gare amusé par sa propre condition.
Bref, la came est excellente.
Laissons nous donc aller aux joies de la dithyrambe immodérée et terminons par une brève mise au point enflammée.
L'Une Dans L'Autre est LE morceau de bravoure de Ricardo Vanguardia, un roman grassement licencieux et grotesquement séditieux qui s'affirme pages après pages non seulement comme un Eroscope exceptionnel (et cela à plusieurs centaines de pourcents) mais aussi comme un roman populaire à ne pas laisser moisir dans les étagères de bouquinistes et les cartons des vide-greniers de campagne sous peine de passer à coté d'un joyaux de la littérature marginale (ou inutile) foutraquement débridée et foutrement détraquée.
Et puis comment résister à un roman porno débutant par une citation de Maïakovski ?
Vous voilà prévenus.

ELVIFRANCE: INCUBE # 80 (1990)

Pas tous les jours facile d'être un robot obsédé sexuel, pervers et sadique. Tenez, prenez le méchant cyborg d'Incube # 80. Les salauds qui l'ont conçu ne l'on même pas doté d'une bistouquette.

Devant une telle infamie, tu comprends que le gars soit salement remonté. Du coup, il extermine tout le monde en éclatant têtes et organes sans ménagements avant de perforer divers orifices avec de bien larges bien grosses barres en fer.
Mais comme notre bonhomme en boite de conserve est aussi un petit malin foutrement débrouillard, il décide de s'auto-up-grader lui-même et se confectionne son bambou personnel avec les moyens du bord.


La pauvre fille... elle va charger...

A FRIENDLY MESSAGE FROM ROBO32EX

ITEM ! Hello boys and girls ! There is a new Fokker in blogger-town. That's right. The Muller-Fokker Pulpbot Effect is spawning a nasty baby of glorious sleaze.
I've been thinking about it for quite a while and I'm finally doing it, I'm launching THE PORNOFOKKER (taa-daaa !), an image-only blog dedicated to, you guessed it, pornographic stuff. Something in the line of what Scandy Tangerine Man, Undead Film Critic and Blonde Zombie are (or were) doing with class and brio.
So, prepare yourselves. THE PORNOFOKKER will dive into the sex industry with scans from mainstream (and sometimes underground) men's magazines. For this particular mission, I will be assisted by Anne and her collection of dirty magazines.
Here is what you can expect for the coming months : naked women, hairy chicks, californian blondes, fat freaks, nazi girls, Paul Raymond, silicium-enhanced milfs, bdsm, crazy japaneses, jiz biz mega-stars, Dan DeCarlo and anonymous cuties from the sixties to 2009 and onward. It will be a little bit explicit. Sometimes atrocious. And (I hope so) always funny. Everything I can't post on the original Fokker will be featured into THE PORNOFOKKER. There is only one thing you wont find there. Suicide Girls. I hate Suicide Girls. They are to porn what Quentin Tarantino is to b-movie. Well, at least, that's my humble opinion. You're free to think otherwise. I know Scandy proudly think otherwise- and the guy is a real, one of a kind gentleman !

Anyway, I hope you will enjoy THE PORNOFOKKER - because, FYI, I'm doing this sleazy HTML sexodrome for you, yes, YOU, you sick, twisted pervert !

(Meanwhile, rest assured, The Muller-Fokker Pulpbot Effect will continue to shares pictures from my collection of comics, fumetti and photo-novels, along with reviews in french-only of action-books and b-movies.)

ITEM ! Salut les gars ! Bon, je pense que vous avez compris, non ?

GEORGE MAXWELL UNCOVERED

J'aurai dû parler de cela il y a déjà quelques temps. Au moins un mois. Peut être un mois et demi. Mais je ne suis pas quelqu'un de très fiable. Je m'en excuse. Parler de quoi, exactement ? De George Maxwell évidement.
Car enfin, enfin, la lumière a été faite sur cet auteur qui me tient tant à cœur et qui justifia, une année et quelques mois auparavant, la création de ce blog.
Là dessus, je ne peux que remercier Tonton Pierre, ou Pierre Cabriot, selon que vous soyez dans le registre du familier ou pas. En effet, ce pilier de l'excellent et essentiel forum à propos de litterature populaire s'est fendu très récemment d'une superbe monographie sur l'homme derrière la môme double shot. On ne savait rien (ou presque) sur l'étrange George Maxwell et désormais, nous savons presque tout. Son nom, sa vie, son œuvre (71 romans ?) et son destin tragique... pour faire dans le pathos. Mais Cabriot évite cet écueil. Du trajet professionnel de Maxwell, il trace les grandes lignes, révèle de nombreuses œuvres cachées, ses liens avec François Richard (ça aurait été quelque chose que Maxwell au Fleuve !), Edmond Nouveau, Roger Dermé. Entre autres. De sa vie, il ne garde que la fin, en une chute étourdissante. The last shot, comme il l'écrit lui-même. Sacrée affaire... Pour les passionnés de polar-sexy des années 50, le texte et la bibliographie sont incontournables. Vous pouvez trouvez cela à cette adresse http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/pseudonymes-f20/maxwell-george-t967.htm et, si comme moi vous avez l'âme du completiste papier, Tonton Pierre a auto-édité son étude en 32 pages richement illustrées tout en couleur - port compris, ça donne 7 euros pour les français et 7,25 pour les belges.
Bref, une initiative décapante que je ne peux applaudir qu'en tapant mon clavier contre la table. Houra !

(la môme, dans l'une de mes couv' favorites de Salva)


Et puisque nous en sommes au rayon des révélations, c'est en chinant pour une modique somme dernièrement le Bibliothèque Du Fantastique (les omnibus Fleuve Noir) consacré à Gérard Prevost que j'ai appris l'identité exacte de Peter Viane - dont Prevost remania le Ne Les Tue Pas Tous des éditions du Trotteur en Pitié Achevez-Moi pour le compte des éditions de la Seine.
Donc, Peter Viane cachait en réalité Pierre Cambot et Liane Mery. Ce dernier nom parlera très certainement aux amateurs de romans cochons seventies. Mais oui, voyons, Liane Mery, cet auteur Euredif qui donna à la collection Aphrodite de si beaux titres comme Duo à Trois, L'Amour Qui Va Qui Vient ou (celui-ci détruit tout sur son passage :) Zizi-Boy. Des romans à l'eau de rose avec un peu de fesse dedans. De vraies purges. Par contre, Pierre Cambot, inconnu dans mon bataillon...

Voila, c'est tout pour aujourd'hui ! Bonne nuit !

LES AVENTURES DE ZODIAQUE (1)

Six couvertures première période des aventures de Zodiaque, justicier intrépide sans peurs ni reproches, toujours accompagné dans ses pérégrinations musclées de la belle poupée Elyane, du gros costaud Dédé et de leur ami journaliste Gaston Martin. C'est d'ailleurs Martin, sous le pseudonyme de Aldé, qui signa les couvrantes des trente premiers numéros (et aussi, dans la premières quinzaine de titres, deux illustrations intérieures) - ce n'est pas forcement beau mais ça possède un certain charme. On peut dire exactement la même chose des textes, avec leurs intrigues branques, pas trépidantes pour un sous mais narrées avec un humour et une gouaille assez proche du San Antonio des débuts. Un style à part, que si tu n'l'a pas essayé, ça vaudrait bien la peine que t'en tâtes un bout because, les aventures du gniasse Zodiaque et de ses Zodiaquemen, ça se lit vite et c'est bien choucard par endroit, je n'te dis que ça !

2 ROMANS PHOTOS POUR ADULTES

à noter : la censure de l'intimité de la jeune fille au stylo-bic sur la premiere image, une tradition typiquement belge...

WARSEX ! WARSEX !! WARSEX !!!

PAVOT DANS LA LAGUNE, JO BRIX
DENIPPEZ LES NIPPONS, JO BRIX
PROMODIFIA / WARSEX # 2 & 25, 1974/77

Les mecs de Promodifia devaient être maxi-fiers de leurs intitulés de collections. Et il y a de quoi. Sexpionnage, Mysterotic, c'est pas de la petite pisse. C'est du lourd, du vigoureux, du travaillé au corps. On sent, d'ailleurs, qu'il y a derrière ces noms une certaine recherche. Avouons-le, il faut se pinter de bonne heure et comme un acharné pour en trouver de pareils. Du grand art à faire verdir de jalousie Gérard de Villiers.
Mais WARSEX, la collection qui nous intéresse aujourd'hui, c'est une tout autre catégorie. Loin, très loin au dessus de ses petites sœurs. Là, les braves gars de la rue du Charenton ou du Chemin de Cabrières (au choix) avaient touchés à la perfection racoleuse du gare. Je dirais même : à l'absolu de l'exploitation littéraire en papier chiottes pour la masse des abrutis misogynes dont je pourrais fort bien me réclamer un jour (demandez vos cartes, les gusses, on formera un club, ce sera choucard).
Ouais, WARSEX, ça fait viril, ça fait dur et ça promet plein de bonnes choses. ça me donne même une folle envie de le redire haut et fort, avec mon clavier azerty caplock activé : WARSEX ! D'ailleurs, les promodifieurs associés en furent tellement fiers d'en avoir trouver un pareil, d'intitulé de collection, qu'il se décidèrent à le plastronner orgueilleusement sur leurs couvertures, en bien gros et bien gras, sans titre ni poupée, noir sur blanc - certainement pour annoncer la couleur. De la guerre et du cul. Ici, on rigole pas... mais on se marre bien, c'est certain car c'est du Promodifia. Vous connaissez le refrain : un écrivain populo en fin de vie et au style pompier, de l'exotisme de brochure touristique, des bagarres confuses, des fusillades et des hordes de filles qui se donnent gaillardement - ou se font donner violemment si elles sont un peu frigides sur les bords au premier abord car après coup(s), elles en viennent à bien aimer ça les coquines et elles en redemandent, c'est normal, ce ne sont que des femmes. Ah la la !
Mais, ne perdons pas de temps en basses considérations concernant le sexe faible et résumons les machins.
Ainsi, dans Pavot Dans La Lagune, deuxième titre de la collection WARSEX (désolé, je ne peux m'en empêcher), un militaire ricain, Luc Ovono, et son adjoint bridé sans intérêt sont chargés de démanteler un réseau de renseignements Vietcong. Une mission terriblement difficile. Les jaunes du nord ont en effet plus d'un tour dans leur maudit sac et obtiennent des informations confidentielles sur les mouvements de troupe US grâce à l'opium et à la prostitution, le duo gagnant de tous les mécréants. Informés de cette alarmante situation qui jour après jour menace de s'aggraver, nos deux héros conçoivent une série de stratagèmes dont je n'ai pas tout à fait enregistré les logiques, hormis celle qui consiste à remplir un maximum de pages avec un minimum d'intérêt.
Tout de même, dans les grandes lignes, plan d'action numéro un : ils baisent des filles et prennent de l'opium pour infiltrer l'organisation des cocos VC. Pas de chance, ça foire. Plan numéro deux : ils vont dans la jungle suivre l'acheminement de la drogue. Cette fois, c'est mieux, ça réussi moyennement. Ils se tapent deux gonzesses pas trop farouches et puis déquillent une tripotée de gonzes pas de chez nous mais bien chez eux. Cette affaire là dure un sacré moment, au moins 80 pages, car Jo Brix, notre auteur, un rescapé de chez l'Arabesque, en tartine des tonnes niveau cul. Les escarmouches durent 5 pages, les fornications au moins 20. Un festival enthousiasmant d'attouchements dont on retiendra quelques sublimissimes phrases à graver dans le marbre intemporel de la littérature érotique bas du front comme ce "
elle vint tout contre lui, soumise, prête pour l'holocauste." Là, vraiment, j'ai envie de dire : WARSEX !
Approximativement à ce moment là, Jo prend aussi conscience qu'il ne lui reste que 30 pages pour boucler sa petite affaire. Donc, dans un ultime baroud, et après avoir tirés un dernier coup (mais pas ensembles, stricte hétérosexualité oblige), nos deux héros détruisent l'organisation des vils viets. Fin. C'était bien.
Du coup, forcement, je rempile avec un second volume, Denippez Les Nippons, toujours signé du grand Jo Brix. Mais là, stupeur, tremblement, stupéfaction, trouble, il y a comme un vide, comme un manque, comme une disparition. La couverture n'indique plus que WAR. Tout court. Et avec simplement une mitraillette en guise de pénis. Psychanalytiquement, ça se tient mais d'un point de vue purement marketing, ça fait tache. Entre le volume 2 et le volume 25, la collection a perdu tout son panache, toute sa virilité, toute sa force. Cruelle déception que cet intitulé décapité !
Mais, en dépit de ce désenchantement, un point important restait à éclaircir. Oui ou non, y-avait-il encore du cul dans ce WAR désormais sans SEX ? Je vais être simple et répondre sans détours (ça me changera) : oui, il y a encore du cul dans WAR(SEX). Mais moins. Beaucoup moins. Deux scènes, cinq pages. Les pervers de la lexicalité affolée l'auront douloureuse. Très douloureuse. La réduction est drastique. Par contre, pour prendre la chose du bon coté, l'histoire est bien meilleure. Denippez Les Nippons est même un sacré bon roman de guerre. Je ne blague pas. Ou à peine, ça reste du Promodifia - ne l'oublions pas. Conséquence, c'est écrit avec les pieds par un tordu qui se biture la nénette à 51 degrés sous le soleil. Disons que ça ferait un bon film de jungle militariste italien des années 80, comme Lenzi, Mattei ou Castellari en avaient le secret. Époque oblige, à défaut de Rambo II, Jo Brix se la joue les 12 Salopards, tout en effectuant une soustraction de 7 pas forcement encombrante.
Ainsi, dans Denippez Les Nippons, cinq militaires ricains, ex-taulards grognons pas sympatoches pour un sou, infiltrent incognito une ile australo-japonaise pour flinguer du jaune en pagaille. Normal. Pendant les temps morts, entre deux coups de force, ils s'insultent, sont mauvais les uns envers les autres, se bastonnent mais, oh surprise, se respectent un petit peu car, dans le fond, ils s'aiment bien, en véritables hommes d'action qu'ils sont. C'est ça, la vie, la vraie, comme nous ne la connaitrons jamais. Ah, service militaire, que ta perte se fait lourde en ces temps obscurs...
"
Mais le cul, dans tout ça, espèce de reac' à la manque" me direz-vous ? Ah, mais j'y viens, bande de petits vicelards, j'y viens. Donc, à un certain moment, vers le second tiers du roman très précisément, nos machos sur-armés rencontrent une nymphomane. Elle est jeune, elle est blonde, elle est bonne, elle est anglo-saxonne. Normal. Nos gonzes n'ayant pas encore eu, en 60 pages, l'occasion de balancer d'autre purée que celle de plomb brulant que moucharde leurs fusils automatiques, et la poupée étant en manque (elle le déclare d'ailleurs elle même page 60 : "Bien sur, je suis nymphomane. Mes parents l'ignorent mais je ne peux lutter contre ce penchant"), ça fait tilt et notre joyeuse troupe s'octroie un repos du guerrier bien mérité. En plus, la mignonne a une sœur cadette en attente du grand frisson et ça, c'est super-pratique pour éviter l'ennui dans les parties à plusieurs.
Bon, en réalité, ça ne se passe pas exactement comme cela... mais vous n'avez qu'à lire ce roman pour en savoir plus. Par contre, n'ayant aucun savoir-vivre, je vous raconte presto la fin du bouquin et, quelques sauts de lignes plus tard, nos gars repartent ragaillardis à la bataille et canardent du jap sans pitié, non-stop. Ça dure bien bon 100 pages et ils y laissent tous la peau sauf un, le veinard, qui s'en va alors rejoindre la nymphomane et sa sœur pour vivre heureux dans la polygamie. Comme il s'agit du dernier paragraphe du livre, pas de chance, pas de sexe. On s'en serait douté. Quant à moi, n'ayant aucune conclusion pour cette article, je me permets de vous laisser en plan. Normal.

ELVIFRANCE : WALLESTEIN # 11 (1978)

Un seul mot pour décrire cette couverture : brutal !