O.S.S.E.X. MOU

O.S.S.E.X. SE DÉCOUVRE, ROD GRAY
ÉDITIONS ET PUBLICATIONS PREMIÈRES, 1971

J'avais pas mal d'espoirs concernant O.S.S.E.X., principalement en raison de ma découverte toute récente des romans Penny S., ou
The Baronness en V.O., même éditeur (Les Éditions et Publications Premières), auteur et collection différente (Paul Kenyon / Eroscope) mais sujet similaire : les tribulations hardcore d'espionnes délurées dans les années seventies psycho-a-go-go. Soit du sexe, de la violence et des enjeux internationaux.
A mes yeux : un concept en or.
Et puis il y avait aussi le cas
Rod Gray, signataire de cette série et pseudonyme de Gardner Francis Fox, légendaire scénariste de comic-books pour DC (on lui doit, par exemple, la création de la Justice League of America, ex-JSA) et pourvoyeur massif, pendant son temps libre, en séries de sexpionnage seventies.
Ainsi, et outre O.S.S.E.X. (en anglais :
The Lady From L.U.S.T.), notre bonhomme produisait à la même époque, et sous d'autres pseudonymes, Coxman (Coxeman, The Man From O.R.G.Y.) et Cherry O (Cherry Delight).
Un palmarès qui m'en foutait plein la vue mais, malheureusement, le résultat papier fut bien moins reluisant.

Par respect pour une continuité que je sentais assez chargée (63 volumes parus en France), j'avais opté pour le tout premier de la collection : O.S.S.E.X. Se Découvre. Bon, c'est un choix comme un autre.

Les présentations se font l'espace du premier chapitre. Notre héroïne s'appelle
Eve Drum, alias Agent Oh Oh Sex, nouvelle recrue de l'O.S.S.E.X. et incarnation idéale de la femme-espion. Elle l'avoue d'ailleurs d'elle-même en page 11 : "J'étais une athlète féminine, une femme fatale, une encyclopédie ambulante, tout cela en même temps." Ce à quoi je me permettrais de rajouter qu'elle est blonde, nymphomane et pratique les arts martiaux.
Pour sa première mission, le grand patron l'envoie foutre en l'air une organisation ennemie de l'O.S.S.E.X., les terribles
mafieux de l'A.I.N.E. Enfin... terrible, terrible, c'est un bien grand mot, terrible, puisque tout compte fait, et en ignorant un acronyme qui passe assez mal à l'exportation française, nos crapules de l'A.I.N.E. ne font pas grand chose de très vilain. Tout juste le minimum syndical des organisations diaboliques en temps de guerre froide : s'intéresser aux inventions militaires du camp adverse, en dérober les plans et kidnapper le savant à l'origine du projet.

Bref, niveau intrigue, ce n'est pas très folichon. Bâillements et difficultés pour garder les yeux grands ouverts. On est loin, bien loin, de la fantaisie et de l'efficacité du
Dépravez-Moi Ça de Paul Kenyon. Ici, l'action est molle, le scénario ennuyeux et le sexe... eh bien, parlons-en du sexe !
Les descriptions d'activités sexuelles dans ce premier volume de O.S.S.E.X. sont consternantes. C'est le défaut majeur de ce roman : de longues études historiques et psychologique d'environs trois ou quatre paragraphes entrecoupent (pour soi-disant justifier) les passages érotiques. Ça doit faire plaisir à
Rod Gray d'en tartiner des tonnes et des tonnes, son encyclopédie de La Sexualité à Travers Les Ages sur les genoux pendant que ses personnages batifolent dans des positions acrobatiques. Mais moi, je suis un être frustre. Je m'en fous totalement d'apprendre jusqu'où remontent les racines du lesbianisme, ou qu'Aphrodite était nommée Kallipyge "en l'honneur de ses fesses qui recevaient des coups de fouets" ou encore que les hommes préhistoriques pratiquaient très régulièrement des orgies en l'honneur de leurs divinités. Moi je veux des romans de gare déglingués. De l'action, de la vulgarité, du punch, quoi ! Et autant dire que, 188 pages, avec des caractères assez petits et rien de très palpitant à se foutre sous la dent, ouais, je me suis bien emmerdé.


CEYLAN MAIS C'EST BON, ROD GRAY
ÉDITIONS ET PUBLICATIONS PREMIÈRES, 1975

Du coup, j'ai remis ça, non pas comme la logique me le dictait avec le deuxième épisode (La Chatte Empoisonnée), mais avec le trentième,
Ceylan Mais C'est Bon, 150 pages écrites en plus gros et qui débutent en fanfare, toutes trompes sorties.
"Le membre monstrueux pénétra la blonde pulpeuse qui ouvrit tout grand la bouche de surprise. Elle était en train de lécher la féminité d'une grande rousse et n'avait pas vu l'homme arriver derrière elle. Il ne lui fallut que quelques secondes pour s'habituer à cette situation nouvelle et recommencer à s'occuper ardemment de sa compagne."
Eh oui, vous me connaissez, la finesse, c'est mon dada.

Donc, ce trentième volume... attendez... j'ai bien dit 30 ? Et un peu plus haut, dans cet article, je parlais bien de 63 volumes de O.S.S.E.X. parus en France ?
Voila qui est assez étrange, puisque
Rod Gray, le véritable Rod Gray, le Rod Gray en direct des USA, ne publia que... 25 romans. Nous sommes, il me semble, dans un cas très similaire à celui de Jeffrey Lord et sa série Blade, une licence Kenyon de 37 romans aux états unis et approximativement 180 (et ça continue !) volumes en France, thanks to Gerard De Villiers.
Donc ce
Ceylan Mais C'est Bon (titre anglais factice : So Long ceylon) est très probablement une œuvre française, et tout aussi probablement signée par un certain Jacques Girod, mentionné page 4 en traducteur. Le coup classique.

Bref, passons. La question, aujourd'hui, reste : Ça vaut quoi, très exactement, ce
trentième volume ? Eh bien, malheureusement, ça ne vaut rien. Rien du tout. Pas exactement comme O.S.S.E.X. Se Découvre, car il y a une bonne idée d'intrigue (le super-cobaye d'une expérience militaire sur la sexualité s'échappe d'un labo top secret et Eve Drum est chargée de le tuer avant qu'il ne commette l'irréparable, soit ensemencer toutes les femmes de la planète, ou un truc d'approchant) mais notre faux Rod Gray n'en fait pas grand chose. Juste 30 pages au début (le prologue) et 30 pages à la fin (une fusillade débile et une conclusion à la con). Entre les deux, c'est 90 pages d'accouplements télécommandés, un véritable périple de touriste sexuel en extreme-orient avec les cabarets cochons, les hôtels de luxe et les spécialités locales. Rien de plus. J'étais littéralement dépité.
Seul point positif, les longs paragraphes d'histoire de la sexualité ont disparus. C'est pas grand chose, je l'avoue., mais qui sait ? Sur 63 volumes d'O.S.S.E.X., il y a peut-être un ou deux de qualité. Ils ne peuvent pas tous être de ce lamentable niveau.
Enfin, je l'espère...

6 commentaires:

losfeld a dit…

y'a de quoi se démembrer en effet... Moi j'en ai quelques uns à la maison mais du coup je vais peut-être attendre que t'aies lu les 61 autres pour savoir lequel je dois lire :) Tu vois je suis sympa je me fie entièrement à toi.

ROBO32.EXE a dit…

61... putain, ça va être dur !

Paul a dit…

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ROBO32.EXE a dit…

ce spam est assez incroyable.
"nothing says romance like ANAL CREAMPIE"
Whooo ! ça, c'est de la catch-line publicitaire ou je ne m'y connais pas !

Kerys a dit…

Pour revenir au sujet : foutreboufre, Gardner F. Fox ! Plutôt connu comme grand écumeur de l'heroic-fantasy bourrine qui sue sous les bras et reprendre tous les codes du barbare Viril avec un grand "vit", si j'ose m'exprimer, brèfle, le barbare donc ça c'est que j'te cause s'appelait Kothar, fut traduit dans la légendaire collection du Masque dos rouge, et c'était bien digne des couillonnades de Lin Carter et son Thongor, enfin, dans mes souvenirs lointain.
Il est d'ailleurs curieux que, comme le sexpionnage, nul n'ait pensé à faire du fantasy sexy vendu comme tel… Hmmmm… Il y eût eu un créneau !

ROBO32.EXE a dit…

Pour moi, Gardner Fox, c'est surtout le scénariste de comic book ultra-fun, comme les World's Finest, dans lesquels Batman, Superman et Robin affrontaient des monstres assez hallucinants !
Quant à la fantasy sexy, il y a les premiers Blade produits par l'usine Kenyon.
Il existe aussi du western sexy mais ça, ça n'a jamais dépassé l'atlantique...

(et faudra que je lise un jour ce Gardner Fox en Masque à dos rouge... je dois l'avoir queq'part avec les autres...)